Sur un balcon de France métropolitaine, la saison s’ouvre en février sous abri et se referme en novembre. Les cultures frileuses ne sortent qu’après les saints de glace, du 11 au 13 mai, les salades et les radis démarrent dès mars en extérieur, et l’ail se plante en octobre pour l’année suivante. Le balcon gagne souvent deux à trois semaines sur un jardin de la même région, parce que les murs restituent la nuit la chaleur du jour. Voici le calendrier complet, mois par mois.
Table des matières
Le calendrier du balcon, mois par mois
| Mois | Sous abri ou en intérieur | En extérieur sur le balcon |
|---|---|---|
| Février | semis de tomate, poivron, aubergine à 20-22 °C | rien, sauf ail et échalote en fin de mois |
| Mars | repiquage des solanacées en godets de 10 cm | radis, mesclun, épinard, pois, oignon |
| Avril | semis de basilic, courgette, concombre | salades à couper, carotte courte, blette, persil |
| Mai (après le 13) | tomate, poivron, aubergine, basilic, haricot nain, fraisier | |
| Juin | haricot en succession, dernières courgettes, semis de salades d’été | |
| Juillet | salades résistantes à la montaison, radis d’été à mi-ombre | |
| Août | mâche, épinard d’automne, chou de printemps, roquette | |
| Septembre | mâche, laitue d’hiver, oignon blanc | |
| Octobre | ail, échalote, fèves ; hivernage des vivaces | |
| Novembre à janvier | rien | récolte de mâche et de poireau, protection au voile |
Décalez d’une à deux semaines vers le tard dans le Nord et le Bassin parisien, et d’autant vers le tôt sur le pourtour méditerranéen et dans la vallée du Rhône. Ces dates supposent une exposition d’au moins quatre heures de soleil direct.
Les saints de glace, repère utile et limite réelle
Les 11, 12 et 13 mai correspondent à Mamert, Pancrace et Servais, et à un refroidissement atmosphérique qui revient assez régulièrement pour servir de repère. La même source précise que « même si les statistiques montrent une diminution des gelées de mai, les épisodes de froid tardif restent possibles ». Sortir une tomate le 1er mai fait gagner dix jours dans le meilleur des cas, et coûte la plante entière dans le pire.
La tradition elle-même est plus prudente qu’on ne le retient : aujardin.info rappelle le dicton « Mamert, Pancrace, Servais sont les trois saints de glace, mais saint Urbain les tient tous dans sa main », soit le 25 mai. Dans les régions froides et en altitude, c’est cette date qu’il vaut mieux retenir pour les cultures les plus fragiles.
Un balcon n’est pas pour autant à l’abri. Le rayonnement nocturne vers le ciel dégagé refroidit les feuillages sous la température de l’air, et un étage élevé exposé au vent perd ses derniers degrés de protection. Gardez un voile de forçage de 17 g/m² à portée de main jusqu’à fin mai : il se pose en trente secondes sur les nuits annoncées à moins de 5 °C.
Acclimater avant de planter
Un plant élevé derrière une vitre a des tissus tendres et n’a jamais vu le vent. Le sortir d’un coup en plein soleil provoque des brûlures foliaires en une après-midi. L’acclimatation prend une semaine et se fait par paliers.
- Jours 1 et 2 : deux heures dehors à l’ombre, à l’abri du vent.
- Jours 3 et 4 : une demi-journée, avec une heure de soleil direct du matin.
- Jours 5 et 6 : la journée entière dehors, rentré la nuit.
- Jour 7 : première nuit dehors si la température ne descend pas sous 10 °C.
Plantez ensuite un jour couvert ou en fin d’après-midi, jamais en plein soleil de midi. Arrosez copieusement juste après la mise en place pour que le substrat épouse la motte.
Installer ses bacs sans percer quoi que ce soit
Sur un balcon en copropriété, le garde-corps, la dalle, les murs de façade et les plafonds relèvent des parties communes. On n’y perce pas, on n’y cheville pas et on n’y scelle rien sans une autorisation formelle de l’assemblée générale. Un simple trou dans une étanchéité de dalle peut provoquer une infiltration chez le voisin du dessous, dont vous répondez.
Les solutions qui ne touchent à rien couvrent la quasi-totalité des besoins :
- Jardinières à crochets posées à cheval sur la lisse du garde-corps, avec crochets réglables et, si possible, une sangle de sécurité. Placez-les de préférence côté intérieur : la chute d’un bac depuis un étage est le vrai risque.
- Étagères et échelles autoportantes, lestées en pied par les bacs les plus lourds placés en bas.
- Treillis maintenus par le poids des contenants, pour les grimpants légers comme les pois et les haricots.
- Pieds réglables et cales pour rattraper la pente de la dalle, qui existe toujours et sert à évacuer l’eau.
- Tuteurs en tipi plantés dans le bac lui-même, qui remplacent toute structure fixée au mur.
Vérifiez aussi le règlement de copropriété : certains interdisent purement et simplement les jardinières en surplomb côté rue, d’autres imposent une teinte ou une hauteur. Un appel au syndic évite une remise en état à vos frais.
La question du poids, à traiter avant l’achat
Le substrat humide pèse lourd. Un bac de 100 litres rempli représente environ 70 à 90 kg, auxquels s’ajoutent le contenant, l’eau d’arrosage et les plantes. Trois bacs de cette taille alignés le long d’un garde-corps concentrent plusieurs centaines de kilos sur deux mètres carrés.
La norme de construction EUROCODE 1 retient, pour un balcon de logement, une charge d’exploitation de l’ordre de 350 kg par mètre carré. Cette valeur est un ordre de grandeur, pas une autorisation : elle vaut pour un ouvrage conforme et en bon état, alors que l’âge du bâtiment, la corrosion des aciers et l’état de l’étanchéité changent complètement la donne sur un balcon ancien. Avant d’installer un ensemble lourd, bacs de grande contenance ou réserve d’eau, faites confirmer la charge admissible par le syndic ou par un professionnel du bâtiment.
Deux réflexes réduisent le risque sans rien calculer : répartir les bacs plutôt que de les aligner contre le garde-corps, et placer les charges les plus lourdes près du mur porteur, jamais en extrémité de porte-à-faux.
Enchaîner les cultures pour occuper la saison
Un bac libéré est un bac qui produit à nouveau. Après des radis récoltés en avril, on sème des haricots nains en mai ; après une salade d’été, de la mâche en août. Griffez la surface, ajoutez deux centimètres de compost mûr et replantez, sans vider le bac.
Alternez simplement les familles botaniques d’une culture à l’autre dans un même contenant, pour ne pas enchaîner deux solanacées. Le choix des cultures selon la profondeur disponible est détaillé dans notre guide sur les légumes adaptés à une jardinière, et la préparation du contenant dans celui sur ce qu’il faut mettre au fond des jardinières. Pour la culture reine de l’été, voyez notre guide de la tomate sur balcon.
Semer ou acheter un plant, et à quel moment
La question se pose à chaque printemps et la réponse dépend de la culture, pas du niveau du jardinier.
Semez vous-même ce qui se repique mal ou se sème directement en place : radis, carotte, mesclun, épinard, haricot, pois. Ces graines lèvent vite, coûtent quelques centimes et supportent mal la transplantation. Un sachet à 2,50 EUR couvre deux ou trois saisons.
Achetez en plant ce qui demande huit à dix semaines de culture au chaud avant la mise en place : tomate, poivron, aubergine, si vous n’avez ni fenêtre très lumineuse ni appoint d’éclairage. Un plant coûte 2 à 4 EUR contre 3 EUR le sachet de graines, mais il vous épargne des sujets filés qui ne rattraperont jamais leur retard. Achetez-le tard, à partir de début mai, et méfiez-vous des plants déjà en fleurs vendus en avril : ils ont été forcés et souffriront à la plantation.
Dans les deux cas, le repère est le même : un plant prêt à être installé a une tige trapue, un entre-nœud court et des feuilles bien vertes. Un plant haut, pâle et espacé a manqué de lumière, quelle que soit son origine.
Les erreurs de calendrier les plus fréquentes
Semer tout le paquet d’un coup arrive en tête : trente salades prêtes le même jour finissent au compost. Semez une ligne courte tous les quinze jours. Vient ensuite le semis trop précoce des solanacées, dès janvier, qui donne des plants filés et fragiles au moment de la plantation. Enfin, l’oubli de l’automne : août et septembre sont des mois de semis très productifs sur un balcon, et restent inexploités par la plupart des jardiniers débutants.
Questions fréquentes
Quand sortir les plants de tomate sur un balcon ?
Après les saints de glace, du 11 au 13 mai, dans la plupart des régions. Attendez la fin mai dans le Nord et le Bassin parisien, et jusqu'au 25 mai en altitude ou en région froide. Sur le pourtour méditerranéen, la mi-avril passe sans risque.
Que peut-on planter sur un balcon en automne ?
Août et septembre sont des mois de semis très productifs : mâche, épinard d'automne, laitue d'hiver, roquette, oignon blanc. En octobre, plantez l'ail, l'échalote et les fèves pour l'année suivante. C'est la période la plus sous-exploitée du calendrier.
Peut-on percer la dalle ou le garde-corps pour fixer des bacs ?
Non. Sur un balcon en copropriété, la dalle, le garde-corps et les murs de façade sont des parties communes : aucun perçage, chevillage ou scellement sans autorisation formelle de l'assemblée générale. Un trou dans l'étanchéité de dalle peut provoquer une infiltration chez le voisin du dessous, dont vous répondez.
Quel poids un balcon peut-il supporter ?
La norme EUROCODE 1 retient une charge d'exploitation de l'ordre de 350 kg par mètre carré pour un balcon de logement, mais il s'agit d'un ordre de grandeur valable pour un ouvrage conforme et en bon état. Avant d'installer des bacs de grande contenance, faites confirmer la charge admissible par le syndic ou un professionnel du bâtiment.

