Comptez un trou tous les 10 à 15 cm de longueur, d’un diamètre de 8 à 12 mm. Une jardinière de 60 cm reçoit donc quatre à cinq perforations, une de 80 cm cinq à six. Sur un pot rond, trois trous suffisent jusqu’à 40 cm de diamètre. Ce qui compte n’est pas le compte exact mais l’espacement régulier et le fait que l’eau sorte réellement : un bac posé à plat sur la dalle a beau être percé, il ne draine pas.
Table des matières
Pourquoi l’espacement compte plus que le nombre
Un trou n’évacue que l’eau qui arrive jusqu’à lui. Deux grandes perforations aux extrémités d’une jardinière de 80 cm laissent le centre saturé, alors que cinq petites réparties régulièrement assèchent l’ensemble du volume.
Le diamètre suit la même logique. En dessous de 6 mm, les trous se bouchent en une saison avec les fines du terreau et les radicelles. Au-delà de 15 mm, le substrat s’échappe à chaque arrosage. La fourchette de 8 à 12 mm est le compromis qui tient.
Pour un pot rond, aujardin.info retient que « trois trous seront généralement suffisants pour un pot de 40 cm de diamètre ». En dessous de 25 cm, un seul trou central bien dégagé fait l’affaire.
Le tableau par format
| Contenant | Nombre de trous | Diamètre | Remarque |
|---|---|---|---|
| Pot rond jusqu’à 25 cm | 1 à 2 | 10 mm | souvent déjà percé à la fabrication |
| Pot rond 30 à 40 cm | 3 | 10 à 12 mm | répartis en triangle |
| Jardinière 40 cm | 3 | 8 à 10 mm | un tous les 13 cm environ |
| Jardinière 60 cm | 4 à 5 | 8 à 12 mm | le format le plus courant |
| Jardinière 80 cm | 5 à 6 | 8 à 12 mm | ne pas concentrer aux extrémités |
| Bac 100 L et plus | 6 à 8 | 12 mm | plus deux trous en partie basse des côtés |
Sur les grands formats, un mot sur le poids avant l’achat : un bac de 100 litres rempli de substrat humide représente 70 à 90 kg, contenant et plantes non compris. La norme de construction EUROCODE 1 retient pour un balcon de logement une charge d’exploitation de l’ordre de 350 kg par mètre carré, valeur indicative qui suppose un ouvrage conforme et en bon état. Avant d’aligner plusieurs bacs de cette taille, faites confirmer la charge admissible par le syndic ou par un professionnel du bâtiment.
Percer selon le matériau
Plastique et polypropylène. Un foret à bois classique suffit. La plupart des bacs du commerce arrivent avec des amorces de trous non débouchées, repérables à la surépaisseur circulaire sous le fond : il faut les ouvrir, beaucoup de jardinières neuves sont en réalité étanches.
Terre cuite. Foret à céramique, perçage humide, sans percussion. Montez progressivement en diamètre, en commençant à 5 mm, pour éviter d’éclater la paroi. Un pot en terre cuite se perce par l’extérieur, jamais par l’intérieur.
Bois. Foret à bois, puis vérifiez que la doublure intérieure est percée en face de chaque trou. C’est l’oubli classique : une bâche intacte annule toutes les perforations du fond.
Métal et zinc. Foret à métaux et un point de centre pour éviter que la mèche ne dérape. Ébavurez, les bords coupants déchirent le géotextile posé ensuite.
Les trois erreurs qui annulent le drainage
- Le bac posé à plat sur la dalle. Les trous s’obstruent par contact avec le béton et l’eau reste plaquée. Deux cales de deux centimètres suffisent, et c’est probablement le geste le plus rentable de tout ce guide.
- La soucoupe laissée pleine. Elle remet le fond du pot dans l’eau et fait pourrir les racines. Videz-la dix minutes après l’arrosage et après chaque averse. Gerbeaud le formule ainsi pour les cache-pots : « le risque est de laisser de l’eau stagner au fond. Les racines de la plante n’aiment généralement pas cet excès d’eau permanent et finissent par pourrir ».
- La couche de gravier au fond. Contrairement à l’intuition, elle ne draine pas : elle crée une zone saturée juste au-dessus et ampute le volume racinaire. Le mécanisme est détaillé dans notre guide sur ce qu’il faut mettre au fond des jardinières.
Empêcher le substrat de sortir
C’est la crainte qui pousse à sous-percer. La solution n’est pas de faire moins de trous mais de poser une barrière perméable : un carré de toile de jute, un morceau de voile d’hivernage, un vieux collant, ou un tesson de pot posé à plat sur la perforation.
La règle est que cette barrière couvre le trou, sans jamais former un tapis continu au fond du bac. Un géotextile posé sur toute la surface se colmate en une saison et transforme le fond en zone saturée.
Les premiers arrosages emporteront un peu de fines, c’est normal et cela s’arrête une fois le substrat stabilisé. Arrosez les trois premières fois doucement, en pluie, plutôt qu’au jet.
Vérifier que ça draine vraiment
Le test prend deux minutes et vaut mieux que n’importe quel calcul. Remplissez le bac de substrat, arrosez copieusement, et chronométrez : l’eau doit commencer à sortir par le fond dans les deux minutes, et l’écoulement doit cesser dans les dix.
Si rien ne sort, les trous sont bouchés, absents, ou la doublure n’est pas percée. Si l’eau coule pendant un quart d’heure, le substrat est trop drainant et ne retiendra rien en été : ajoutez du compost au mélange.
Refaites le test chaque printemps. Les trous se colmatent avec les racines et les fines, et un bac qui drainait très bien la première année peut devenir une baignoire la troisième.
Et si le contenant ne peut pas être percé
Certains bacs décoratifs, en céramique émaillée ou en résine moulée, se fendent au perçage. Deux solutions honnêtes, et une seule mauvaise.
La bonne : utiliser le contenant en cache-pot. Un vrai pot percé va à l’intérieur, surélevé sur deux tasseaux pour ne pas baigner, et le cache-pot se vide après chaque arrosage et chaque pluie.
L’acceptable : sur un bac que l’on peut incliner, percer deux trous sur la paroi latérale à un centimètre du fond plutôt que dessous. Le drainage est moins bon mais réel.
La mauvaise, qui circule partout : verser des billes d’argile au fond en espérant que l’eau s’y perde. Elle ne se perd nulle part, elle monte.
Entretenir les perforations
Un trou percé une fois n’est pas acquis pour toujours. Trois choses le referment progressivement : les fines du terreau qui migrent vers le bas à chaque arrosage, les radicelles qui cherchent la sortie et finissent par la coloniser, et les dépôts calcaires en région d’eau dure.
L’entretien tient en un geste annuel, au printemps, quand vous renouvelez le tiers supérieur du substrat. Basculez le bac sur le côté et passez une tige rigide, un vieux tournevis fin ou une brochette, dans chaque perforation. Ce qui sort est un bouchon compact de fines et de racines mortes.
Sur les bacs de plus de trois ans, il arrive que les trous soient définitivement colmatés par des racines lignifiées. Dans ce cas, repercez à côté plutôt que d’essayer de dégager l’ancien : c’est plus rapide et plus fiable.
Profitez du même passage pour vérifier l’état des cales sous le bac. Le bois se tasse, le plastique flue, et un bac qui reposait sur deux centimètres d’air se retrouve parfois à plat contre la dalle au bout de deux saisons.
Adapter au contenu du bac
Les besoins ne sont pas les mêmes selon ce que vous cultivez. Les aromatiques méditerranéennes, thym, romarin, sauge, préfèrent un drainage franc : visez le haut de la fourchette, un trou tous les 10 cm et 12 mm de diamètre.
Les salades, les épinards et la mâche supportent un substrat plus frais : le bas de la fourchette convient. Les cultures gourmandes en eau comme la tomate ou la courgette veulent les deux à la fois, un drainage réel et une réserve suffisante, ce qui se règle par le volume plutôt que par le nombre de trous. Pour choisir le format selon la culture, voyez notre guide sur les légumes adaptés à une jardinière, et pour un bac profond, celui sur le remplissage d’une jardinière haute.
Questions fréquentes
Combien de trous faut-il dans une jardinière ?
Un trou tous les 10 à 15 cm de longueur, soit quatre à cinq pour une jardinière de 60 cm et cinq à six pour une de 80 cm. Sur un pot rond, trois trous suffisent jusqu'à 40 cm de diamètre, et un seul en dessous de 25 cm.
Quel diamètre pour les trous de drainage ?
Entre 8 et 12 mm. En dessous de 6 mm, les perforations se bouchent en une saison avec les fines du terreau et les radicelles. Au-delà de 15 mm, le substrat s'échappe à chaque arrosage.
Comment percer une jardinière en terre cuite sans la fissurer ?
Avec un foret à céramique, en perçage humide et sans percussion, en montant progressivement en diamètre à partir de 5 mm. Percez toujours par l'extérieur du pot, jamais par l'intérieur.
Comment savoir si ma jardinière draine correctement ?
Remplissez, arrosez copieusement et chronométrez : l'eau doit commencer à sortir dans les deux minutes et l'écoulement cesser dans les dix. Si rien ne sort, les trous sont bouchés, absents, ou la doublure intérieure n'a pas été percée en face.

