Pots en terre cuite, bacs en bois et jardinières sur un balcon

Le contenant décide de la fréquence d’arrosage bien plus que le terreau ou la variété. Une terre cuite et un plastique de même volume, plantés le même jour, ne se conduisent pas du tout de la même façon. Choisir le bon matériau, c’est surtout choisir la contrainte que vous êtes prêt à assumer.

Le volume avant le matériau

Aucun matériau ne rattrape un volume insuffisant. C’est la première décision, et elle se prend culture par culture.

CultureVolume minimumProfondeur utile
Radis, roquette, mâche10 L15 à 20 cm
Laitue, épinard, aromatiques15 L20 cm
Haricot nain, blette, fraisier20 L25 à 30 cm
Carotte demi-longue, betterave25 L30 à 35 cm
Tomate, aubergine, poivron40 L40 cm
Fruitier nain, figuier50 L et plus40 cm et plus

Un bac large vaut mieux qu’un bac étroit et haut à volume égal, puisque la masse racinaire de la plupart des légumes se concentre dans les trente premiers centimètres. Peu de contenants généreux valent mieux que beaucoup de petits.

Terre cuite : poreuse, lourde, gélive

C’est le matériau le plus ancien et celui dont le comportement est le plus franc. La terre cuite est « poreuse : perméable à l’eau et à l’air, les racines peuvent se développer dans un environnement drainé et aéré. Les arrosages devront juste être plus fréquents qu’en conteneur hermétique ».

Elle apporte aussi de la stabilité, précieuse en étage sur un balcon venté, et protège mieux les racines du froid : « les pots en terre cuite protègent également mieux du froid le système racinaire des plantes que les pots en plastique ».

Deux réserves sérieuses. Le poids, d’abord, qui s’ajoute à celui du substrat saturé. La gélivité ensuite : certaines qualités « ne conviennent pas à une exposition extérieure hivernale ; gorgées d’eau, elles peuvent éclater sous l’action du gel ». Si le pot reste dehors toute l’année, exigez une terre cuite annoncée résistante au gel, et surélevez-la pour qu’elle ne baigne pas.

Plastique : léger, étanche, à surveiller

Le plastique est le choix par défaut, et il n’est pas mauvais pour autant. Les pots de qualité « sont aussi durables dans le temps », et ils sont « légers et facilement transportables », ce qui compte quand il faut rentrer un sujet pour l’hiver.

Sa contrepartie est nette. Les contenants plastique sont « imperméables : ils gardent l’eau plus longtemps, mais ne permettent pas à la plante de respirer. Gare aux excès d’humidité ! ». L’évaporation ne se fait que par la surface, ce qui espace les arrosages mais rend l’excès d’eau bien plus facile à commettre. Ils sont aussi « moins stables que les pots de terre cuite, si vous cultivez de grandes plantes ».

En pratique, réservez le plastique aux cultures gourmandes en eau et aux bacs que vous devez déplacer, et vérifiez que le fond est réellement percé, ce qui n’est pas toujours le cas à l’achat.

Bois, métal et sacs en tissu

Le bois est le meilleur compromis thermique pour un grand bac : il isole les racines de la chaleur comme du froid, mieux que le plastique et que le métal. Choisissez une essence naturellement durable et non traitée, mélèze ou robinier, qui tiennent huit à dix ans. La protection de la face interne fait l’objet de notre article sur la protection intérieure d’une jardinière en bois.

Le métal, zinc ou acier, dure longtemps et reste esthétique, mais il chauffe fortement au soleil et transmet cette chaleur au substrat. Sur un balcon plein sud, il est le pire choix pour une culture estivale, sauf à doubler l’intérieur et à pailler.

Les sacs de culture en tissu, souples et poreux, se sont répandus pour de bonnes raisons : ils se rangent à plat hors saison, pèsent presque rien à vide, et leur porosité limite le déchaussement des racines. Ils sèchent en revanche encore plus vite que la terre cuite, ce qui les réserve aux jardiniers présents tous les jours en été, et leur durée de vie dépasse rarement trois à quatre saisons.

Les trois points à vérifier avant d’acheter

  • Le fond est-il percé ? Sinon, percez-le vous-même, plusieurs trous plutôt qu’un seul et central.
  • Le bac est-il stable une fois haut ? Un contenant léger portant une plante d’un mètre bascule au premier coup de vent.
  • Passera-t-il l’hiver dehors ? Sinon, prévoyez de pouvoir le déplacer, donc un poids raisonnable une fois plein.

Écartez enfin deux fausses bonnes idées. Les contenants sans trou vendus comme cache-pots ne se plantent pas directement, ils se glissent autour d’un pot percé. Et les récupérations dont vous ignorez l’usage antérieur, bidons, fûts industriels ou palettes traitées, n’ont pas leur place au contact d’un substrat destiné à produire des aliments.

Le coût réel, ramené à la saison

Le prix affiché trompe, parce que les durées de vie varient du simple au décuple. Ramené au nombre de saisons, le classement se resserre beaucoup.

MatériauPrix indicatif, 40 LDurée de vieCoût par saison
Plastique d’entrée de gamme10 à 15 EUR3 à 5 ans3 EUR
Plastique de qualité25 à 40 EUR10 ans et plus3 EUR
Terre cuite résistante au gel35 à 60 EUR15 ans et plus3 EUR
Bois durable non traité40 à 70 EUR8 à 10 ans6 EUR
Sac en tissu8 à 15 EUR3 à 4 ans3 EUR

La conclusion pratique est qu’il n’y a pas de matériau économique et de matériau cher, mais des durées de vie très inégales à l’intérieur d’une même famille. Un plastique fin d’entrée de gamme qui casse au troisième hiver coûte autant qu’une terre cuite qui tient quinze ans. Mieux vaut acheter moins de bacs et les acheter solides.

Passer l’hiver sans casse

C’est en hiver que les contenants se perdent, et presque toujours de la même façon. Un pot resté gorgé d’eau, posé à même la dalle, gèle de part en part : la terre cuite éclate, le plastique fragile se fend, le bois pourrit par le pied.

Trois gestes suffisent. Surélevez chaque bac de deux centimètres sur des cales, ce qui rompt le contact avec la dalle et laisse l’eau s’évacuer. Regroupez les contenants contre le mur de la façade, qui restitue la chaleur du bâtiment. Réduisez fortement les arrosages sans les supprimer, un substrat très légèrement humide protégeant mieux les racines qu’un substrat totalement sec.

Pour les sujets qui restent en place plusieurs années, fruitiers et vivaces, entourez la paroi d’un voile d’hivernage ou de carton en laissant la surface dégagée. C’est la motte qui gèle en pot, pas le feuillage : protéger le contenant est plus utile que couvrir la plante.

Ce qui se met au fond

Rien, ou presque. La couche de graviers ou de billes d’argile, très répandue, ne draine pas dans un contenant : elle crée une nappe perchée qui retient l’eau juste sous les racines au lieu de l’évacuer.

Percez généreusement, posez un simple morceau de géotextile perméable pour retenir le substrat, remplissez jusqu’en haut et surélevez le bac de deux centimètres sur des cales pour que l’eau sorte réellement. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur ce qu’il faut mettre au fond des jardinières, et le nombre de trous dans celui consacré aux trous de drainage d’une jardinière.

Questions fréquentes

Terre cuite ou plastique : que choisir pour un balcon ?

La terre cuite est poreuse, laisse respirer les racines et stabilise les grandes plantes, mais elle est lourde et parfois gélive. Le plastique est léger et garde l'eau plus longtemps, mais ne laisse pas la motte respirer et se montre moins stable sous une plante haute.

Quel volume de pot faut-il par légume ?

Dix litres pour les radis et la roquette, quinze pour les laitues et aromatiques, vingt pour les haricots nains et fraisiers, vingt-cinq pour les carottes, quarante pour une tomate ou une aubergine, cinquante et plus pour un fruitier nain.

Les sacs de culture en tissu sont-ils intéressants ?

Ils se rangent à plat hors saison, pèsent presque rien à vide et leur porosité limite le déchaussement des racines. En contrepartie ils sèchent encore plus vite que la terre cuite et durent rarement plus de trois à quatre saisons.

Un pot en terre cuite peut-il rester dehors l'hiver ?

Seulement s'il est annoncé résistant au gel. Certaines qualités de terre cuite, gorgées d'eau, éclatent sous l'action du gel. Surélevez le pot de deux centimètres sur des cales pour qu'il ne baigne pas et regroupez les contenants contre le mur de la façade.